- - - - - - - - - - - - HISTORIQUE- - - - - - - - - - - -

Avant la paroisse, la seigneurie (fief Saint-Denis), concédée en 1679, coincée entre celles de la Bouteillerie et de Kamouraska et aux prises avec des seigneurs absents (famille Juchereau), a tardé à se développer. Il a fallu attendre les initiatives du seigneur François Blanchet au début du XIXe siècle, avant de voir s’installer une population plus nombreuse. En 1831, l’érection d’une nouvelle paroisse n’était plus qu’une question de temps.

Rien n’a toutefois été facile: à Rivière-Ouelle comme à Kamouraska, l’opposition à cette nouvelle paroisse a été vive. Plusieurs pétitions canalisées par le marchand général Jean-Charles Chapais ont été nécessaires pour vaincre les résistances et permettre la consécration d’une nouvelle chapelle en 1841, suivie par la bénédiction d’une véritable église en 1850.

Cette reconnaissance officielle était amplement justifiée: la population excédentaire des premiers rangs des paroisses situées plus à l’ouest se déversaient sur le territoire de Saint-Denis avec une rapidité telle qu’il a fallu presque tout de suite procéder à des démembrements. Sur le plateau, une chapelle consacrée à Notre-Dame-du-Mont-Carmel a été érigée dès 1851. Vingt années plus tard, la paroisse de Saint-Philippe-de-Néri s’est glissée entre Saint-Denis et Mont-Carmel, près du chemin de fer.

Ainsi amputée d’une bonne partie de son territoire, la communauté de Saint-Denis a vu sa population baisser de 2 296 habitants en 1851 à 980 en 1871. L’économie reposait alors presque exclusivement sur l’agriculture, compte tenu du recul de la forêt et de l’étroitesse de la façade littorale de la localité. Édouard Barnard, gendre de Chapais, considéré par plusieurs comme le père de l’agronomie québécoise, y a créé une fromagerie modèle (1881) qui a aussi été la première école de l’industrie laitière en Amérique du Nord.

Direction sud, face à la maison des Chapais, un chemin (route 287) mène au rang des Bras. Avant le rang du Coteau (route 132), c’est là que la majorité des maisons pionnières ont été construites. Près du chemin, se trouvait l’école, le moulin banal (à vent) ainsi que le moulin seigneurial de François Blanchet, médecin, journaliste (fondateur à Québec du journal Le Canadien) et député de la chambre d’assemblée du Bas-Canada. La construction du magasin Chapais et surtout de l’église ont ensuite contribué à établir un embryon de village au rang du Coteau.

Depuis ce temps, le village a connu un certain développement mais la population a plafonné au terme d’une transition agricole, culturelle et touristique.

Réf: Paul Laroque et collaborateurs, Parcours historiques dans la région touristique du Bas Saint-Laurent, Rimouski, 1994, 44-45-47.